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Je vous propose de reprendre nos duettistes de la FNASEPH, Sophie Cluzel et Marie-Christine Philbert. Il y avait 47 propositions lors du Grenelle qui ont été adoptées le 25 janvier 2012.

Elles ont été communiquées aux élus, je vous propose aujourd'hui de faire un point très concret.

En premier lieu, Sophie, première proposition.

Sophie Cluzel : Je vous rassure tout de suite, nous n'allons pas balayer les 47 propositions. Nous allons regarder les grands pavés. Vous les avez tous dans votre dossier.

La première proposition qui n'est pas numérotée, extrêmement importante, qui n'a pas avancé, est la création d'un observatoire qualitatif, par cohorte de jeunes pour suivre le parcours et en mesurer la réussite. Nous n'avons toujours qu'un bilan quantitatif qui est fait régulièrement. Mais pas de bilan qualitatif.

Nous réitérons donc notre demande à la CNSA, la Caisse Nationale de Solidarité et de l'Autonomie, qui doit être la garante de ces suivis.

Vincent Edin : Le 2ème grand pavé, notre fameux PPS. Je laisse la parole à Marie-Christine.

philbertMarie-Christine Philbert : Ce sont les propositions numéro 2,3 et 4, relatives au PPS. C'est vrai que nous demandions à ce que les aspirations et les attentes des familles soient davantage prises en compte, pour cela il faudrait donner les moyens de rencontrer les familles, de les recevoir, de les écouter. Ce qui remonte du terrain, c'est que c'est très variable d'une MDPH à l'autre.

Concernant l'évaluation des besoins des enfants, un outil a vu le jour en 2012 : le GEVA-sco, un guide d'évaluation scolaire. Nous savons qu'il est appliqué ici ou là. Comment ? On ne sait pas. Nous n'avons pas de remontées, puisque c'est un document qui a été – Valérie DELESTRE le disait, un peu expérimental pour une première année et qui sera généralisé seulement l'année prochaine. Nous ne savons pas s'il y a eu des observations sur sa première application, si du coup des modifications d'organisation, de procédures seraient à prévoir. Sophie le disait, la CNSA pourrait s'emparer de la question, et organiser peut-être avec le Ministère de l'Éducation nationale des modules de formation sur le terrain. Cela inciterait à sa diffusion. La cellule «Aide Handicap Ecole» pointe des remarques des parents sur la qualité de l'accueil. Nous sommes persuadés à la FNASEPH que cette qualité d'accueil et de scolarisation dépend beaucoup des PPS, élaborés comme de véritables feuilles de route des parcours. Cela existe à certains endroits, un peu, beaucoup, pas du tout. Le PPS est un des outils de la loi de 2005. Nous l'attendons.

Sophie Cluzel : Sur les propositions 5 à 8 «Assurer l'accès à l'école et au savoir».

Nous avons beaucoup insisté pour que dans la loi de Refondation de l'école soit inscrite la scolarisation des enfants handicapés. Au passage, on parlait d'accueil au début. Nous avons demandé à ce que soit inscrit le mot scolarisation. L'école inclusive, ce n'est pas encore gagné...

Des modules seront-ils prévus dans la formation des enseignants? Nous ne savons plus à qui nous adresser...

Vincent Edin : Bernadette Céleste, vous êtes la directrice de l'INSHEA, en théorie, vous n'êtes pas concernée en premier lieu, mais par ricochet, il serait logique que vous formiez un groupe de formateurs des ESPE.

Bernadette Céleste : Je vais commencer par vous contredire, parce que je ne suis pas du tout d'accord avec vous.

Vincent Edin : Cela été fait pour vous faire réagir.

celesteBernadette Céleste : Ne vous inquiétez pas, en général, je réagis. Nous sommes effectivement tout à fait intéressés, non seulement l'INSHEA, mais l'ensemble des formateurs ASH, c'est-à-dire les formateurs qui travaillent dans les divers IUFM sur la formation pour les enseignants spécialisés.

Je ne sais pas si vous attendez une réponse rapide de ma part, parce que je crois qu'il y a à discuter un peu longuement. Pour dire qu'aujourd'hui, la situation des futures ESPE, les choses se passent à l'intérieur de chaque académie. En ce qui nous concerne, nous avons été effectivement interrogés par l'Académie de Versailles, l'INSHEA se trouvant à Suresnes. C'est une académie un peu particulière, puisque les Master de métiers de l'éducation sont développés dans 5 universités de l'académie de Versailles. C'est un des premiers pas qui nous associe dans l'esprit de l'académie de Versailles. Est-ce que c'est suffisant ? Vraisemblablement, non.

Je pense que vous m'interrogerez à nouveau tout à l'heure, mais je reprendrai la parole sur la nécessité d'une réflexion profonde qui commence à se manifester justement du côté des formateurs des IUFM, du côté des formateurs de l'INSHEA. Un collectif qui s'est créé pour dire notamment que l'un des axes de cette réflexion est justement la nécessité de travailler dans les ESPE au niveau de la formation initiale de tous les enseignants.

Vincent Edin : Je vous interrogerai à nouveau tout à l'heure, mais juste un mot. Sur la question qui nous préoccupe aujourd'hui, nous avons vu à la lumière des témoignages, qu'il y a des inégalités territoriales qui sont parfois criantes ou alarmantes. Ce que vous me dites n'est pas spécialement fait pour nous rassurer, parce qu'on voit qu'il y a un ancrage territorial, donc il y aurait de fortes disparités au lancement ?

Bernadette Céleste : Je répondrais en tout cas du côté des formateurs de l'IUFM, du côté de l'INSHEA, qu'à partir du collectif. Serge Thomazet qui est ici en fait partie, un consensus s'organise sur ce qui doit remonter au Ministère. Nous espérions aussi la présence de Madame Pau-Langevin aujourd'hui, et je crois que Serge Thomazet avait l'intention de lui remettre un courrier visant à essayer d'avoir un positionnement national justement face à ce besoin de formation dans l'ASH.

Je pense qu'il va garder la lettre dans sa poche aujourd'hui, mais qu'il va la faire remonter à Madame Paul- Langevin.

Vincent Edin : Serge, vous pouvez partager cette lettre avec nous ?

thomazetSerge Thomazet : Les choses sont simples depuis l'autonomie des universités. Chaque université va donner la place qu'elle va choisir à la formation du professorat. À l'intérieur de cette composante d'une université une place sera donnée, ou pas, à l'enseignement autour des publics à besoins particuliers. Donc, effectivement, dans mon université, nous sommes en train de nous battre pour avoir une petite place. Avec des moyens qui sont réduits, puisque vous le savez, les professeurs vont être fonctionnaires stagiaires dès la 2e année et avoir la moitié de leurs services en établissement. Globalement, pour fabriquer les enseignements, nous aurons juste les 2 années de Master, et un peu de licence. Et surtout des années qui ne seront qu'à mi-temps, même si le terrain est formateur, même si nous sommes conscients que le travail d'alternance est tout à fait formateur. Nous considérons que d'avoir un petit peu de temps pour former à minima les étudiants puisque la loi de 2005 les oblige à accueillir des enfants différents. Actuellement, nous avons des étudiants qui sortent avec un Master 2 et qui ne sont pas toujours informés. Avoir un peu de temps pour expliquer que la dyslexie ne s'attrape pas par contagion, qu'on peut accueillir ces enfants, que finalement on peut peut-être leur enseigner la même chose en même temps que les autres, moyennant quelques dispositifs. Des trucs tout simples...

Cela ne prend pas forcément beaucoup de temps. Nous ne sommes pas en train de revendiquer, dans ce collectif, d'avoir une année supplémentaire de formation, mais une formation minimale. Par contre, et on pourra en rediscuter tout à l'heure, là où les questions sérieuses commencent : comment est-ce qu'on peut aider les jeunes professeurs dans la formation continue, à adapter leur enseignement ? Comment passer, effectivement, d'une accessibilité de l'école à l'école qui soit réellement inclusive ? C'est-à-dire pas seulement la pédagogie rejoignant un certain nombre d'élèves qui n'ont pas juste un besoin d'accès à l'enseignement, au contenu, d'une traduction sur un écran, ou bien de langue des signes, mais bien effectivement d'une adaptation de l'enseignement et les contenus de l'enseignement. Et pour le coup, je regrette que la loi de Refondation de l'école soit en train de se faire – je suis désolé – sans qu'on ait pris en compte les besoins particuliers. Quand on interroge le ministère, on nous dit de les laisser déjà régler ce gros dossier, et on verra plus tard pour les enfants différents. Et j'ai là tout de suite un gros problème. Parce que l'enjeu est que la pédagogie ordinaire atteigne la différence. Il faut donc que la loi ordinaire prenne en compte les enfants différents. Et pour le coup, je compte effectivement beaucoup sur l'INSHEA et sur les dispositifs nationaux pour aider à un cadrage national, pour enjoindre les universités à accueillir. Effectivement, on ne parle pas de la question du handicap. Le débat est tout de suite entre les matières académiques, tout de suite, dans mon université, le débat est de savoir quelle place pour m'adonner à la pédagogie. Puisque vous savez bien que le débat est entre les composantes universitaires qui tiennent à conserver un maximum de savoir académique, les IUFM qui voudraient un peu plus de pédagogie et un peu plus de didactique. La question de la différence reste malheureusement très marginale.

Vincent Edin : Mais aussi sur l'éclairage réjouissant sur l'égalitarisme républicain.

Sophie Cluzel : Rapidement, sur la partie des modules de formation en ligne, Dominique Leboiteux, peux-tu rapidement nous dire ce qui a été fait sur des modules en ligne ? Et comment cela été fait et ce qui manque ?

Dominique Leboiteux : Oui, juste rappeler que nous avons entre avril et juillet 2012, travaillé sur 3 modules en ligne pour les enseignants consultables sur EDUCSCOL. Un groupe sur les troubles de la conduite et du comportement, un groupe sur les Ted, et un groupe sur les troubles des apprentissages.

Les 3 groupes ont rendu leur copie fin juillet, et cela a été mis en ligne pour la rentrée scolaire 2012 – 2013. Tout enseignant peut facilement aller sur le site du ministère pour pouvoir prendre connaissance de ces fiches, qui sont, grâce notamment au travail associatif, une véritable mine de ressources.

Sophie Cluzel : On peut évidemment louer l'initiative, mais, quid des autres handicaps ?

Dominique Leboiteux : Il avait été conclu à l'époque qu'il y aurait une suite. On pensait que d'avril 2013 à juillet 2013, on nous mettrait au travail.

Vincent Edin : Et vous avez été chargés de vous reposer un peu ?

Dominique Leboiteux : Oui !

Vincent Edin : Je propose de passer aux supports pédagogiques.

Sophie Cluzel : Les supports pédagogiques, propositions 9 à 13, sans vous les détailler, n'ont pas avancé. Nous sommes toujours «dans la toute-puissance des éditeurs». Et donc, nous réitérons nos demandes, que dans le cadre de l'accessibilité universelle, il faut travailler de façon urgente. Le ministère de l'Éducation nationale doit pouvoir imposer aux éditeurs cette accessibilité numérique de tous à tout. Je n'en dirai pas plus, parce que c'est un vaste chantier encore complètement ouvert.

Question de la salle : Bonjour, Hélène, je suis parent, et, en même temps, je travaille dans les nouvelles technologies. En Turquie, le gouvernement a donné 2 ans aux éditeurs pour rendre tout accessible. En Corée, tout est comme cela. Prenons aussi des exemples de l'étranger.

Vincent Edin : Il faut quand même tenir compte des disparités culturelles, sachant que le marché du numérique en France, c'est moins de 1 %.

Le point suivant était sur la reconnaissance du métier des accompagnements de vie scolaire.

Marie-Christine Philbert : Ce sont les propositions de 14 à 18, pour un premier volet, et de 19 à 21 pour un 2e volet.

Le premier volet de propositions se voulait transitoire : il fallait, en lien avec l'INSHEA développer des modules pour améliorer la formation pour les auxiliaires de vie scolaire en place dans le dispositif actuel. Il faut voir avec Bernadette CELESTE si des modules ont vu le jour ?

Sachant que là encore la formation de 60 heures des AVS révèle une grande disparité dans les départements.

Nous avions demandé, pour faire écho à ce que vous disiez tout à l'heure monsieur TOMAZET, des modules de «formation–action», c'est-à-dire de pouvoir répondre vite et de façon efficace à un enseignant qui va scolariser dans sa classe un élève handicapé. Est-ce que cela s'est mis en place ? Oui dans certains départements...

Et pour le 2e volet, c'était la reconnaissance du métier. L'année 2012 a vu venir la réflexion autour de Madame Komites. Vous avez dans votre dossier toute l'étude que la FNASEPH a produit sur cet emploi dans un cadre pérenne, avec un service d'accompagnement sur tous les temps de vie du jeune. Il faut prendre le temps de la lire, et vous y verrez nos propositions concrètes sur la base de 3 services départementaux existants, pour ne pas les nommer, Handisup à Nantes, Cap Intégration dans la Marne, et PEP 02 dans l'Aisne. Nous espérons que nous allons retrouver nos propositions dans le rapport Komitès.

Mais, comme cela a déjà été dit, nous n'avons aucune visibilité à ce jour.

Vincent Edin : Bernadette, est-ce qu'au niveau de l'INSHEA, il y a eu des mises en place pour avancer sur la formation opérationnelle, à la fois des AVS, mais des modules de formation–action ?

Bernadette Céleste : Je voudrais dire que le «e-learning», la formation en ligne, c'est quelque chose de tout à fait particulier. Autant sur la formation qui a été mise en place par le ministère de l'éducation nationale, et sur celle que nous avons commencé à faire à destination des AVS.

Nous avons peut-être aussi en France un certain retard. Je veux dire par là qu'on peut penser à un dispositif de formation «présentiel» avec un contenu de cours à faire passer.

Et ce n'est pas parce qu'on va mettre tous ces textes-là à la suite des autres, en ligne, gratuitement, que pour autant l'objectif de formation sera atteint. Je serais curieuse, par exemple, je ne sais pas si les statistiques sont remontées au ministère de l'éducation nationale, de savoir combien d'enseignants sont allés sur les 3 formations en ligne que nous avons proposées.

Nous nous étions engagés à une formation en ligne pour les AVS travaillant avec des enfants souffrant de troubles envahissants du développement. Mais il s'est trouvé que les personnes qui ont été en charge de la conception de ce module sont parties dans la conception d'une formation en «présentiel» mise en ligne avec un cours d'1heure 20. Qui va rester 1 heure 20 pour écouter un court devant son ordinateur ? Je crois que nous-mêmes, dans les institutions de formation, nous avons besoin de travailler sur cette formation en ligne. C'est vrai qu'elle nous est réclamée de plus en plus. Parce que, crise faisant, il faut qu'on sache s'adapter à toutes ces nouvelles technologies. Mais je crois que si on veut prendre le bon pas et la bonne porte, il faut que nous-mêmes nous nous formions à cela. A l'INSHEA nous avons travaillé sur un dispositif de formation des formateurs, des scénarii de dispositifs réels de formation en ligne. Aujourd'hui, nous sommes à 2 pas de pouvoir effectivement avoir un module pour les AVS travaillant avec des enfants sourds et déficients auditifs. Il est quasiment terminé. C'est quelque chose qui est très différent d'un cours en ligne. Nous voulons réussir ce tournant, il ne faut pas faire n'importe quoi même si je sais bien qu'il y a urgence. Il faut aussi qu'on utilise correctement ces moyens-là. Ceci dit, le module sur les AVS pour les enfants sourds et déficients auditifs, j'aimerais bien qu'il soit sorti, moi aussi, en tant que directrice de l'INSHEA, et il tarde un peu. Mais il sera beau.

Vincent Edin : Merci, on peut quand même le regretter, quand on voit «les didacticiels», parce que c'est le bon mot pour parler de formation en ligne ce qui se passe aux Etats-Unis. Je serais plutôt pour...

Question dans la salle : Vincent Petit, je suis administrateur de la FNASEPH, et président de l'association «Vivre avec l'autisme» en Moselle, membre de la CDAPH. Sur la formation des AVS, et peut-être même aussi des enseignants, je ne voudrais pas qu'on oublie sur le terrain, les associations. Elles ont de l'expertise, des capacités et aussi de l'énergie pour former les AVS dans chaque handicap. On peut espérer que l'Éducation nationale utilise ces compétences. Il y a des possibilités de partenariat et de mise en place qui vont au-delà des 60 heures. Cette énergie existe ici et là. Cela est vraiment inégal selon les académies. Je souhaite dire qu'il y a des endroits où cela fonctionne.

Vincent Edin : Toujours ces fortes disparités territoriales, ce qui sera l'objet du numéro 2 des propositions FNASEPH de 2012 : l'égalité des chances à la formation et à l'emploi.

Sophie Cluzel : Ces sujets «enseignement supérieur, enseignement professionnel, accès à l'emploi» seront bien repris dans les tables rondes de cet après-midi, nous allons passer aux propositions 43 à 47 relatives à la « réalisation du projet de vie ». Nous faisons un grand saut pour respecter les délais.

Question de la table ronde - Patrice Fondin : Patrice Fondin, Vice-président de la FNASEPH, et directeur de HANDISUP 44.

C'est vrai que nous allons revenir sur ces sujets cet après-midi mais on peut peut-être dire un mot général sur les 3 thématiques qui expliquaient déjà nos propositions l'an dernier.

Sur cette thématique, il y a de très nombreuses initiatives intéressantes, locales ou nationales, parce que le ministère donne aussi un certain nombre de recommandations pour l'accès à l'enseignement supérieur. Il y a aussi des réseaux associatifs nationaux, comme Droit Au Savoir, Starting-Blocks ... Mais globalement, on se retrouve avec un manque de coordination des politiques publiques. Au niveau national, on peut renvoyer à l'autonomie des universités, mais au niveau régional, il n'y a pas non plus de coordination des politiques publiques. Le constat est simple : des ruptures de parcours des jeunes en situation de handicap et ce aux différents niveaux. Je trouve également que la reconnaissance du fait associatif et, comme le disait Vincent Petit, et de ce qu'il peut apporter, n'est pas évidente. Il faut se battre pour proposer des initiatives, c'est un comble ! Il manque un accompagnement du parcours, la notion de «référent de parcours», une réflexion sur le rôle que jouent les uns et les autres pour éviter les ruptures.

Vincent Edin : Juste une question complémentaire à Marie-Pierre Toubhans de Droit au Savoir.

Est-ce que nous avons du nouveau sur le positionnement de l'AGEPHIP sur le moratoire qui avait été donné ? Il faudrait dire un mot là-dessus parce que cela concerne justement le financement de l'accompagnement dans les universités.

Marie-Pierre Toubhans : Du nouveau, certes non. Pour celles et ceux qui ne seraient pas au courant, il existe depuis 2006, des actions pour l'emploi des étudiants handicapés qui, jusqu'au 30 juin 2013, c'est-à-dire pour un mois, sont financés par l'AGEPHIP. Cette discussion a été faite en conseil d'administration en septembre 2011. Nous avons réussi à maintenir de 6 mois en un an, jusqu'au 30 juin 2013. Nous avons, Patrice Fondin le rappelait, dans le cadre de Droit Au Savoir, travaillé pour qu'il puisse y avoir un portage par les pouvoirs publics. Ces dispositions disparaissent. Il n'y a pour l'instant pas de réponse de ce côté-là. Sachant que tout un travail a été mené – je reviendrai cet après-midi- sur la montée en compétence au travers notamment des bureaux d'aide à l'insertion professionnelle, et qui règle une partie de la problématique, étant donné qu'un certain nombre d'étudiants ne dépendent pas du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il y a des étudiants qui dépendent du ministère de l'agriculture, des collectivités territoriales, y compris dans certaines filières d'enseignement supérieur. Voilà un peu où nous en sommes. Mais tout ce qui va concerner ce sur quoi intervenait Patrice, ceux des jeunes qui ont des besoins auxquels le droit commun ne peut pas répondre, nous sommes sans solution sur l'ensemble du territoire. Et j'insiste, sur l'ensemble du territoire, parce qu'y compris une des grandes limites du dispositif tel qu'il existait, c'est qu'il existait plus ou moins dans une quinzaine de régions sur 22. Donc nous avons bien compris que nous n'étions pas dans une logique d'égalité de traitement sur l'ensemble du territoire, et il y a une orientation forte à prendre pour construire justement les dispositifs qui permettent d'arriver à l'égalité territoriale, d'un ministère à l'autre, d'une région à l'autre, etc....

Vincent Edin : Merci. Revenons aux dernières propositions.

Marie-Christine Philbert : Propositions 43 jusqu'à 47, la réalisation du projet de vie.

Une de nos propositions concernait la révision du cadre réglementaire de la PCH Enfants, la prestation de compensation du handicap qui, selon nous, est complètement inadaptée dans sa forme actuelle aux besoins des jeunes et aux attentes des familles. Régulièrement il a été demandé de le rouvrir pour être mieux adapté. Il n'y a jamais eu de réponse.

Concernant la réalisation du projet de vie, l'accès aux vacances, aux loisirs, ... il y a des expérimentations locales qui fonctionnent notamment avec des soutiens des CAF locales. Mais il n'y a pas de grandes démarches nationales.

À savoir que la Caisse Nationale d'Allocations Familiales (CNAF) a été auditionnée dans le groupe Komites, puisque ce groupe travaillait sur l'ensemble de réponses à la vie du jeune. C'est toujours en attente. Cette question va aussi garder son actualité dans les semaines à venir puisque dans le cadre de la loi de Refondation de l'école de la république se mettent en place les projets éducatifs territoriaux (PEdT) dès la rentrée de 2013. Il va falloir faire remonter tous les besoins dans le périmètre «à côté de l'école». Et il va falloir trouver des solutions ! Des solutions concertées coordonnées, tous les partenaires devront s'organiser. Nous allons donc sursauter alors encore une fois.

Concernant le fonctionnement des MDPH, nous demandons des moyens supplémentaires alloués aux MDPH pour qu'elles puissent faire de vrais PPC, projet global avec des réponses personnalisées, ce qui suppose du temps et des moyens.

Vincent Edin : Merci. Avant de passer à la table ronde suivante, est-ce qu'il y a des questions ?

Question dans la salle : - Marie-Jeanne Braunstein, Administratrice de la FNASEPH, présidente du CISI et membre de la CDAPH du Bas-Rhin.

Suite à l'intervention de Serge Thomazet, j'ai juste une réflexion : Comment est-ce qu'on peut encore s'entendre dire, du ministère, dans le cadre de la Refondation de l'école, qu'on s'occupe d'abord du «normal» et ensuite du «particulier» ? Mais qu'est-ce que l'inclusion ? Il faut prévoir au début, tout de suite, tout pour tout le monde ! Je crois que là aussi il faut changer de civilisation et de réflexion !

Vincent Edin : Très belle transition, puisque dans 10 minutes après la pause, Serge Thomazet et Gérard Poux apporteront des réponses.

Reprise après la pause de la matinée

Vincent Edin : Mesdames et Messieurs, nous reprenons nos travaux jusqu'à 12h45 (de façon impérative pour la transcription).

Il nous reste 1heure 20 pour aborder le sujet de la table ronde. Nous avons pendant la pause eu des échos : l'ambiance est un peu «plombée» par la tonalité un peu sceptique du bilan du Grenelle 2012.

Tant il est logique que les associations, confrontées au terrain, sont dans leur rôle de porter les mauvaises nouvelles, en parlant des trains qui n'arrivent pas à l'heure. Pour autant il n'y a pas un grand nombre d'initiatives relativement heureuses... N'est-ce pas Sophie Cluzel ?

Sophie Cluzel : Pour vous donner de l'espoir et démontrer que la scolarisation des jeunes handicapés marche. Vous avez le bonjour de ma fille Julia, 17 ans, qui est en route pour faire un stage dans un magasin de vêtements.

Question de la salle : Patricia Thiry, administratrice de la FNASEPH, et vice-présidente de l'association nationale des enfants aveugles (ANPEA), je suis maman. Je voudrais faire une courte synthèse de ce que j'ai entendu ce matin. J'étais venue ici pour essayer de reprendre un peu de force en tant que parent, je vais peut-être partir plus démoralisée que lorsque je suis arrivée. Ce rapport qui n'est toujours pas sorti, me rappelle d'autres rapports qui ne sont jamais sortis, à chaque fois, pour des données financières, etc. J'ai entendu dire aussi qu'on travaillait pour la rentrée 2014, cela fait 10 ans que l'on travaille pour l'année suivante, et que nous n'avons toujours pas de résultats. J'ai entendu parler de formation. On réfléchit à comment former les gens, et heureusement que la salle est intervenue pour dire qu'il y a des choses qui se font malgré tout avec les associations depuis longtemps. Si certains s'arrêtent c'est dommage... Il faut solliciter ceux qui agissent !

Tout cela me démoralise un peu. Il faudrait réfléchir à d'autres modalités d'actions. Le partenariat nous y sommes depuis des années. Il devrait se transformer, y mettre plus d'agressivité et de punch, puisque ce partenariat ne suffit pas et ne fait pas progresser les choses comme nous l'attendons, en tant que parent et bénévole associatif. J'espère donc que la suite des échanges me donnera quelques encouragements... Merci.

Philippe Van Den Herreweghe : Vous savez bien qu'avec les politiques, c'est un rapport de force. Aujourd'hui, il y a des choses qui ont été décidées, il y a des rapports qui ont été rédigés. Concernant le rapport sur la Refondation de l'école, au départ une quarantaine de propositions sur le handicap avaient été retenues. Au final ce sont 6 propositions sur le handicap retenues dans le rapport final remis au président de la république, dont une proposition sur la formation. Pourquoi, est-ce que dans cette loi n'a pas été indiquée l'importance dans la formation initiale des enseignants du thème du handicap ? C'est la première interrogation. Il faut donc interpeller les politiques là-dessus, sur les erreurs qu'ils commettent en ne reprenant pas ce que d'autres ont décidé de sélectionner. C'est donc un problème de rapport de force. Vous avez probablement raison, cela dure depuis trop longtemps, on parle depuis trop longtemps de l'accompagnement. Il faut vous regrouper au niveau associatif pour que le rapport de force soit de votre côté.

Vincent Edin : Serge Thomazet, du coup, vous voyez l'injonction qui vous est faite. La commande qui vous est faite : mettre en place l'école inclusive pour les élèves à besoins éducatifs particuliers. Vous avez commencé à en parler tout à l'heure, je vous laisse la parole.

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